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Centre d’intervention et de prévention en toxicomanie de l’Outaouais (CIPTO)


Résumé

Fondé en 1982 sous le nom de « Shalom pour la sobriété », le Centre d’intervention et de prévention en toxicomanie de l’Outaouais (CIPTO) propose divers services et programmes axés sur la prévention et la sensibilisation à la toxicomanie. L’approche principale adoptée par l’organisation est celle de la réduction des méfaits. Cependant, en fonction du service, l’empowerment et l’approche motivationnelle sont également utilisés dans le but de réintégrer les individus consommant des substances psychoactives ou présentant un risque de le faire. Afin d’atteindre ces objectifs, le CIPTO offre un éventail de services, notamment des services de référencement, des thérapies individuelles, des ateliers de sensibilisation et un travail de proximité.

Thèmes

Dépendance
Prévention et sensibilisation
Mots-clés
Réduction des méfaits, dépendance, consommation, drogues, prévention, sensibilisation, travail de rue, consommation supervisée, accompagnement, toxicomanie, itinérance.

Description

Nature / type
Organisme
Date d’adoption, de création et d'entrée en vigueur

L’organisme a été fondé en 1982 sous le nom de « Shalom pour la sobriété »1.

Date(s) de modification
1986

En 1986, l’organisme a changé de nom pour devenir le Centre d’intervention et de prévention en toxicomanie de l’Outaouais (CIPTO). Le changement de nom est associé à une préconisation de l’approche de la réduction des méfaits ainsi qu’une professionnalisation des intervenants plutôt que seulement des bénévoles1.

2016

En 2016, l’organisme a mis fin à son programme de prévention jeunesse qui était actif depuis 13 ans. Ainsi, il a cessé de présenter les ateliers de sensibilisation dans les écoles primaires afin de se concentrer sur les populations qui consommaient ou qui étaient à plus grand risque de consommer des substances psychoactives2.

2020

En 2020, le CIPTO est devenu un site d’injection supervisé le 22 juillet 20203.

Responsabilité du programme, de la loi ou de l'organisme
CIPTO est responsable d’offrir ses services à la clientèle.
Lieu
Canada, Québec
Spécifications lieu
Canada, Québec, Gatineau

Objectifs

Objectif du programme, de la loi ou de l’organisme

Le but général de l’organisme est la prévention de la toxicomanie dans la région de l’Outaouais. Plus particulièrement, le CIPTO cherche à sensibiliser, éduquer et outiller les gens de la communauté afin de les amener à faire des choix judicieux afin d’améliorer leur qualité de vie1,2,4,5.

Il est à noter que les objectifs d’intervention de l’organisme sont fondés sur la réduction des méfaits. Ainsi, bien que l’arrêt de la consommation soit un objectif d’intervention, ce n’est pas la seule finalité recherchée. En effet, les objectifs sont davantage en lien avec l’amélioration de la qualité de vie ainsi qu’avec une démarche de reprise de pouvoir sur la personne et sur sa vie5.

Initiative du programme, de la loi ou de l'organisme

En 1982, « Shalom pour la sobriété » a été fondé afin de répondre au manque spécifique, réel et non satisfait en matière de ressources pour venir en aide aux personnes ayant une problématique de toxicomanie1,2,4,5.

Assise théorique du programme, de la loi ou de l'organisme

Le CIPTO repose sur l’approche de la réduction des méfaits qui s’inscrit d’abord dans une optique de santé publique en faisant la promotion de comportements de consommation sécuritaire réduisant les risques d’infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS). Puis, dans une optique de démarche individuelle où la personne demandant de l’aide est amenée à participer activement à un processus de changement en priorisant des objectifs réalistes tout en posant des gestes concrets. Cette approche préconise, en premier lieu, la réduction des conséquences négatives de l’usage inapproprié de psychotropes1,2,4,5.

Aussi, les interventions en thérapie sont fondées sur l’approche motivationnelle et l’empowerment1.

Conceptualisation de la réinsertion sociale

La réinsertion sociale n’est pas définie concrètement, mais il est possible de déduire qu’une personne est réinsérée lorsqu’elle a cessé l’usage inapproprié de psychotrope et qu’elle a repris le contrôle sur sa vie. Plus particulièrement, la réinsertion sociale est conceptualisée en fonction de l’augmentation de la qualité de vie des individus en lien avec leur consommation.

Moyens utilisés pour atteindre la réinsertion sociale

Pour atteindre les objectifs de ses divers services, le CIPTO offre des ateliers de sensibilisation, des interventions de première ligne en thérapie individuelle ou familiale, du référencement vers des ressources appropriées, une ligne d’écoute, de l’accompagnement, de la distribution de matériel de consommation, du travail de proximité (travail de rue) et la création d’un milieu socioartistique1,2,5,6.

Fonctionnement

Qui est responsable de l’application du programme ou de la loi?

Les intervenants du CIPTO sont responsables de dispenser les services et programmes à la clientèle. Aussi, le programme SART est opéré en conciliation avec le Centre de réadaptation en dépendance de l’Outaouais2.

Population visée
Population générale
Personnes présentant une problématique de toxicomanie
Détails concernant la population visée

Critères d’inclusion2,5 :

  • Présenter une problématique de toxicomanie ;
  • Rencontrer des obstacles quant à l’obtention de soutien ou de services permettant d’améliorer la qualité de vie ;
  • Faire partie de l’entourage et/ou des communautés touchées par les conséquences négatives de la consommation.
Fonctionnement du programme, de la loi ou de l’organisme

Le CIPTO offre de la sensibilisation et de l’éducation en matière de consommation de drogue à travers plusieurs activités.

Ateliers de sensibilisation

D’abord, l’organisme offre des ateliers de sensibilisation à plusieurs clientèles qui en font la demande. Les intervenants se déplacent dans les écoles, dans les organismes communautaires et dans les centres de détention de la région, principalement le centre de détention de Hull3. Essentiellement, les ateliers visent à démystifier les drogues et leurs effets, tout en reposant sur une approche de réduction des méfaits1,2,5. Les participants sont outillés à faire des choix éclairés selon des informations concrètes et validées scientifiquement2. Les animateurs s’adaptent en fonction de la clientèle. Ainsi, auprès des jeunes, ils adoptent une position accentuée sur l’abstinence et, pour les plus vieux, une position qui intègre les notions de « contrôle » et de « motivation » en lien avec la consommation2.

Programme Soutien, accompagnement et réinsertion auprès des personnes toxicomanes (SART)

Le programme SART est un partenariat avec des centres de réadaptation de la région. Ce programme structuré de référencement vise à favoriser l’accessibilité aux services offerts par les services de désintoxication et de stabilisation avec une composante résidentielle. Plus particulièrement, le but est de diminuer le temps d’attente avant l’admission dans les services en plus d’offrir un accompagnement continu à la personne tout au long de son cheminement1,2.

Il s’adresse à des personnes nécessitant un accompagnement plus soutenu dans leur démarche d’aide. Il vise toute personne vulnérable vivant de l’exclusion sociale qui désire entreprendre une démarche liée à sa consommation de psychotropes et/ou d’alcool. Ainsi, le CIPTO informe les personnes des services existants, s’engage à procéder à l’évaluation de leurs besoins pour les diriger vers les bons services, les accompagne vers les services, les soutient tout au long de leur cheminement et offre du soutien pendant 3 mois après leur sortie. De plus, il accompagne les participants dans des démarches de réinsertion sociale, à savoir la recherche de logement, les demandes d’aide sociale ainsi que la stabilisation de sa situation sociale1,2.

Travail de proximité

Le travail de proximité, aussi appelé travail de rue, permet de cibler des personnes vulnérables dans la communauté afin de les sensibiliser ou les éduquer sur les comportements de consommation inappropriés. L’objectif principal est d’informer cette clientèle des différents organismes d’aide adaptés à leurs besoins (soit en réinsertion ou en réadaptation) tout en créant un lien et en allant à leur rythme1,2.

Intervention de première ligne

Le CIPTO offre aussi de la thérapie individuelle, conjugale ou familiale aux personnes présentant une problématique de consommation ou à leur entourage. La thérapie est fondée sur l’approche motivationnelle1,2.

Équipe mobile itinérance

Il s’agit d’une équipe spécialisée en intervention auprès des personnes en situation d’itinérance. Elle permet d’améliorer les conditions de vie des personnes vulnérables. Les intervenants accompagnent la clientèle notamment, dans la recherche de logement1.

Distribution de matériel de consommation

L’organisme est un point de distribution de matériel de consommation pour la région de Gatineau. Le CIPTO distribue des seringues propres, des « pipes à crack », des condoms et des testeurs de drogues. Cette distribution est réalisée dans une optique de réduction des méfaits et de sensibilisation auprès des clientèles vulnérables. Elle permet de prévenir les ITSS en plus d’écouter, de soutenir et d’accompagner les utilisateurs de drogues afin de réduire les risques reliés à la consommation par injection ou par inhalation et aux diverses pratiques sexuelles1,2.

Le LAB

Ce projet innovateur est un espace de création pour la clientèle du CIPTO. Un lieu d’expression et de création artistique qui s’adresse principalement aux jeunes de 16 à 30 ans à risque de vivre ou vivant des réalités en lien avec la toxicomanie, l’itinérance et l’exclusion sociale. Sous forme d’atelier libre, ces installations offrent une alternative à la consommation en plus d’augmenter l’accessibilité aux médiums artistiques et aux instruments de musique pour une population marginalisée. Afin de favoriser un contact sain avec l’imaginaire, différents moyens d’expression sont mis à la disposition des participants : peinture, fusain, argile, matériaux recyclés, percussions, guitares, etc. Axé sur l’intervention par les arts, ce programme s’inscrit dans une perspective de valorisation et de reprise de pouvoir qui permet aux participants de s’exprimer autrement, de développer leur potentiel créateur et de mettre à profit leurs talents artistiques1,2,6.

Le LAB est également un lieu de mixité où divers évènements artistiques sont organisés dans l’optique de réduire les préjugés mutuels entre les différentes couches de la population. En plus de soutenir les démarches artistiques, personnelles et sociales des jeunes adultes, le LAB fait le pont entre leurs besoins et les services des autres organismes, principalement par le biais de références1,2,6.
Résultats attendus et observés

Résultats attendus1 :

  • La sensibilisation et l’éducation de la communauté ;
  • L’aide et l’accompagnement des personnes qui consomment des substances psychotropes ;
  • La réduction des comportements inappropriés de consommation.

Résultats observés (2017-2018)2 :

  • 85 ateliers de sensibilisation ont eu lieu pour un total de 1 994 personnes rejointes ;
  • 24 ateliers en centre de détention ont eu lieu pour un total de 246 personnes rejointes            ;
  • 387 premiers contacts auprès d’usagers pour un total de 379 interventions auprès de cette nouvelle clientèle ;
  • 285 personnes différentes en suivi pour un total de 819 interventions et/ou suivis auprès d’eux ;
  • Les travailleurs de rue ont « reachout » 921 personnes pour un total de 950 interventions en lien avec le matériel de prévention des ITSS et 921 interventions sans matériel ;
  • Enfin, il y a eu un total de 1176 interventions dans le cadre du programme SART.
Coûts liés au programme ou à l’organisme

Les services et programmes du CIPTO sont offerts gratuitement à la clientèle.

Financement

Entre 2019 et 2022, l’organisme a signé une entente avec le ministère de la Sécurité publique (MSP) d’un montant global de 27 754$ pour son « Programme de prévention et de sensibilisation en toxicomanie »7.

Enjeux

Enjeux ou difficultés dans la mise en œuvre du programme

Prise en charge plus longue

Plus particulièrement en ce qui a trait au programme SART, les initiateurs du projet ont remarqué de grandes difficultés avec la clientèle ciblée. D’abord, les personnes très exclues socialement sont confrontées à une diversité de problématiques personnelles et sociales. Ainsi, ces dernières ont besoin de plus de renforcement positif pour que le programme ait un plus grand impact sur leur estime de soi. Ensuite, l’absence de cadre et d’organisation dans la vie de ces personnes rend leur intégration à un groupe régi par des règles beaucoup plus difficile. Enfin, les objectifs prioritaires pour cette clientèle sont plus centrés sur la satisfaction de leurs besoins de base. Certaines personnes ne possèdent aucun bien personnel, outre les vêtements qu’elles portent lors de leur arrivée au centre, ce qui rend les interventions sur le plan psychosocial moins prioritaires. Ainsi, l’échéancier de suivi de 3 mois après la sortie des services est souvent trop court. Les participants ont besoin d’un suivi à plus long terme afin de favoriser une meilleure réinsertion et la prévention de rechute2.

Besoin de ressources d’hébergement transitoire

Les problèmes mentionnés précédemment qui sont notamment reliés au revenu, au logement, à la santé physique et mentale, à l’emploi ainsi qu’à la judiciarisation sont exacerbés par l’absence dans la région d’une ressource d’hébergement transitoire pour les personnes qui terminent un séjour dans les services de réadaptation de la région. De ce fait, ce manque de ressource augmente la complexité, l’intensité et la longueur de la prise en charge2.

Augmentation de la consommation d’opiacé

En 2017-2018, l’organisme a noté une augmentation des demandes d’aide liées à une dépendance aux opioïdes. Les intervenants ont nommé deux sources à cet enjeu, soit les prescriptions obtenues pour contrer de la douleur, soit l’augmentation d’un usage plus récréatif de ces produits2.

Difficulté d’accès

La difficulté d’accès à des services médicaux et des soins psychiatriques réduit l’accès et le maintien dans les services de réadaptation (désintoxication en milieu fermé) en plus de réduire les chances de succès d’un tel programme, ce qui a un impact sur la réinsertion des participants. Ce manque d’accès augmente la complexité, l’intensité et la longueur de la prise en charge des usagers2.

Travail de proximité

Les travailleurs de rue sont confrontés à plusieurs enjeux majeurs lorsqu’il s’agit de maintenir un lien avec les populations vulnérables. Tout d’abord, le manque de personnel sur le terrain entraîne une charge de travail accrue pour les intervenants de proximité. De plus, il existe des difficultés à satisfaire les besoins fondamentaux, tels que l’accès limité à des services à bas seuil d’admissibilité, le refus de certaines pharmacies de fournir de la méthadone, ainsi que la problématique de l’incarcération. Tous ces défis rendent le travail des intervenants de proximité plus complexe2.

Manque de services à bas seuil

Enfin, le manque de services à bas seuil d’admissibilité dans la région freine la réinsertion des personnes vivant une plus grande désorganisation et du même coup une plus grande marginalisation. En effet, les services de réadaptation offerts dans la région sont accessibles seulement à ceux qui présentent une certaine stabilité. Ainsi, ces services laissent les populations les plus vulnérables en marge de l’accessibilité de ces services et l’organisme doit pallier ce manque. Le CIPTO encourage le système de santé à s’adapter à ces clientèles plutôt que ce soit à elles de s’adapter au système de santé2.

Évaluation

Existence d’une évaluation

Non.

Références

Références citées
  1. Centre d’intervention et de prévention en toxicomanie de l’Outaouais (CIPTO). (s. d.). http://www.cipto.qc.ca/
  2. Centre d’intervention et de prévention en toxicomanie de l’Outaouais (CIPTO). (2018). Rapport d’activité 2017-2018. http://www.cipto.qc.ca/wp-content/uploads/2018/06/CIPTO_RA_2017-2018_VF.pdf   
  3. Allard, S. (2020). Ouverture d’un premier site temporaire de prévention des surdoses à Gatineau. Radio-Canada. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1722552/gatineau-site-injection-surdose-temporaire  
  4. Séguin, Y. (2008). Mandat d’initiative sur le phénomène de l’itinérance au Québec. Le Centre d’intervention et de prévention en toxicomanie de l’Outaouais.
  5. Séguin, Y. (2017). Recommandations du CIPTO. Mémoire déposé dans le cadre des consultations publiques menées par le gouvernement du Québec sur l’encadrement du cannabis dans le contexte du nouveau cadre législatif fédéral. http://www.cipto.qc.ca/wp-content/uploads/2018/06/Consultation-cannabis-Recommandations-CIPTO.pdf
  6. eMentalHealth.ca. (2014). Centre d’intervention et de prévention en toxicomanie de l’Outaouais – point de service du LAB (CIPTO-LAB). https://www.ementalhealth.ca/index.php?m=record&ID=22408
  7. Ministère de la Sécurité publique. (2020). Étude des crédits 2020-2021. Gouvernement du Québec. https://www.securitepublique.gouv.qc.ca/fileadmin/Documents/ministere/diffusion/etudes_credits_2020-2021_renseignements_particuliers_tome1-2-3.pdf
Contact et personne-ressource

Centre d’intervention et de prévention en toxicomanie de l’Outaouais (CIPTO)

92, rue St-Jacques, Gatineau, Québec, J8X 2Z2

Téléphone : 819-770-7249

Sans frais : 1-866-778-4372

Télécopieur : 819-770-9199

Courriel : accueil@cipto.org

Dernière modification
Jul 12, 2024